Des hommes de caractères

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Des hommes de caractèresLa typographie offre à la pensée une forme, et donne à voir le langage à travers une symbolique complexe. Notre patrimoine typographique nous fait voyager à travers l’espace et le temps à la rencontre d’individus étonnants qui ne dessinèrent pas seulement des lettres mais contribuèrent à la diffusion du savoir de leur époque, et qui souvent vécurent des vies aventureuses : des hommes de « caractères » !
Les éditions des Cahiers intempestifs leur dédient un ouvrage : La vie librement réinventée de certains de ces créateurs, intellectuels, voyageurs, de ces ambassadeurs de l’écrit qui nous ont légué le nom d’une police, que nous choisissons, amoureux d’un plein ou d’un délié, sur le clavier de notre ordinateur indifférents aux aventures cachées derrière cette simple signature.
John Baskerville, par exemple, à qui Arthur Conan Doyle et Umberto Eco ont, entre autres, rendu un hommage déguisé. Il innova dans toutes les étapes de la fabrication du livre : dessinant des caractères bien sûr, mais aussi améliorant les presses ; inventant le papier vélin, sa douceur (jusqu’à faire lustrer avant impression chaque feuille au fer à repasser), son contraste avec l’encre, révolutionnant la mise en page avec d’amples marges vierges (son édition de Virgile est d’une délectable « modernité »). Graveur d’inscription funéraire, il fit fortune, à trente ans, dans la fabrication de meubles japonais laqués, et pu alors se consacrer à sa passion, la calligraphie, la typographie, l’édition. Dans l’Angleterre puritaine de l’époque, son concubinage avec sa jeune servante (divorcée et mère de 5 enfants) Sarah Eaves fit scandale, et si son œuvre fut, elle aussi, récriée outre manche, elle influença, en revanche, profondément les faiseurs de livres du continent européen, Bodoni en Italie, en France la famille Didot, et impressionne encore de nos jours où, en 1990, la typographe américaine Zuzana Licko réinterprète le Romain de Baskerville et le nomme justement Mrs Eaves.
L’histoire de la typographie est pleine de ces vies hors du commun, de ces rencontres, qui émaillent, dissimulées souvent, notre culture de légendes. Le conte tiré de l’épopée de Gutenberg illustre fort bien le romanesque de ces existences typographiques : l’inventeur des caractères mobiles dépensa tant et tant pour financer l’entreprise d’impression de sa bible dite « à 42 lignes » qu’il dut emprunter de l’argent à Johann Fust. Son projet arrivait presque à terme, voilà que le créancier se présente et lui demande l’entier remboursement de la dette. Devant l’impossibilité de l’imprimeur à payer sur le champ, Fust saisit le matériel de Gutenberg et imprime pour son compte 42 bibles qu’il tente alors de vendre à Paris comme des manuscrits. Après que les Français, effarés, eurent observé la conformité surprenante des 42 volumes, ils décrétèrent qu’il s’agissait bien là d’un œuvre de sorcellerie, et donnèrent ainsi naissance au récit populaire du magicien allemand, le Docteur Faustus, qui dépassa les limites du savoir humain et vendit son âme au diable en échange de la connaissance universelle.
Fi donc des traditionnelles biographies. Les éditions des Cahiers intempestifs, avec cet ouvrage (richement illustré de documents historiques comme de créations artistiques), entendent rendre la saveur de l’histoire du livre, les délices ou les turpitudes des vies qui s’y cachent, et vous invitent à une balade à travers la renaissance, le classicisme, les lumières, le romantisme, les avant-gardes du début du XXe  siècle… à Mayence, Venise, Nuremberg, Paris, Leyde, Birmingham, Parme, Chicago, Londres, Munich ou New York. Johann Gutenberg, Aldo Manuzio, Albrecht Dürer, Claude Garamont, La dynastie des Elzevier, John Baskerville, Giovanni Battista Bodoni, Edward Johnston, Stanley Morison, Paul Renner, Frederic W. Goudy, Herb Lubalin, sous la plume de Paul Fournel, Franck Herbet-Pain, Bernard Collet, Stéphane Bouquet, Pascale Bouhénic et Jean-Noël Blanc. Car qui mieux que des écrivains pour éclairer singulièrement : fantasmer, en toute latitude, la vie de ces hommes amoureux de la lettre et ébaucher ainsi à travers la typographie une croisée d’idées et de rencontres.


Format 24 x 24 cm, 320 pages, imprimé sur des papiers de différents grains de la gamme de Rives, reliure plein papier, jaquette en calque, tranches « dorées » en gris.
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